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Jerez de la Frontera ...Parlons peu, mais parlons vin, …ce n’est pas vain. 

 

Au sud de l’Espagne au bord de l’Atlantique, la ville de Jerez de La Frontera s’étale dans un décor lunaire ou peu de chose pousse… Hormis la vigne. Dans ce coin de l’Andalousie on a vite abandonné les oliviers moins rentables pour faire place à des vignobles dans un triangle au nord de Jerez.

 

    








C’est ici que l’on pratique depuis longtemps la production de vin. Enfin …du vin … du Xeres que les anglais dénomme « Sherry ». Je n’irai pas par quatre chemin pour vous dire comment j’apprécie ce vin madérisé, sucré et délicieusement …raté. Il n’y a bien que les Anglais pour trouver cela bon.






Mais le plus choquant c’est l’histoire contée par la Bodega (nom donné aux caves de Xeres ) la plus célèbre : Celle de TIO PEPE.



    

Une version romancée de ce que le commerce était à cette époque. On nous présente une gentille histoire de la rencontre entre Manuel l’Espagnol et Robert le navigateur et négociant anglais, avec  des Anglais de l’époque  découvrant avec ravissement ce nouveau vin.

 



    

N’importe quoi ou plutôt incomplet c’est que l’on va voir …

 


    

À l’origine, j’avais lu en préparant mon voyage que le vin de Xeres s’était développé  car sa vinification  permettait  un transport par bateau plus facile non pas uniquement vers l’Angleterre mais également pour les contrées plus lointaines de l’empire Anglo-saxon.

 

    

Sa teneur en sucre et le fait qu’il fut déjà tourné (je plaisante …pas vraiment) lui donnait une garde plus grande dans les barriques.

 


    

J’en profite au passage, pour évoquer  avec vous ce problème de transport qui remonte à l’Antiquité.Le premier récipient fut l’outre qui ne permettait pas de traverser les mers. Alors on inventa l’amphore qui dans les premiers temps pouvait voyager ouverte  en « forçant » le vin de miel principalement pour le transport en bateau.

 



    

La qualité des vins de l’époque était telle que les grecs coupait celui-ci avec de l’eau et que les romains disposaient d’un vin que nous qualifierions aujourd’hui de piquette. Celui-ci était souvent chauffé et stocké non pas à la cave mais en plein soleil au-dessus de leur cuisine. (Ils ont fous ces …)

 


    

En 1634 les Anglais inventeront  ce qui sera la bouteille de vin et permettra une conservation avec un bouchon de liège. C’est le début de la qualité et des conservations longues.

 

Fin de la parenthèse ….(ouf !)

 

    

Et alors !!! la vraie histoire ou la partie non racontée par la Bodega de TIO PEPE … C’est quoi ???

Patience je ne vous ai pas raconté mes vacances à Jerez …

 

Non ? ..

 

Okay ! Okay ! ok ! vous le prenez comme ça !!  je continue … Cette tranche d’histoire avinée.

 

Il faut donc remonter à la fin du XVII siècle pour comprendre ce qui s’est réellement passé. A cette époque pour les pays du nord (l’Angleterre et la Hollande), la route naturelle du vin pour les navires passait par la France d’abord puis le Portugal et l’Espagne.

      

La mer était la seule route possible. La route terrestre était peu sure et le poids des barriques inadaptées à ce transport.

Pour l’avion, Leonard de Vinci avait  bien une idée, n’avait-il pas des projets sur tout !!! Mais ce gars-là a péché par une avance sur son temps. Ne dis t on pas qu’il faut vivre avec son époque !! Que diable !

 


    

Fin XVII les Hollandais et les Français rentrent en guerre. C’est le blocus.

 

Dans le même temps c’est le déclin du marché du vin allemand. Les Hollandais et les Anglais se tournent alors vers l’Espagne et développent le commerce du vin grâce au propriété de certains vins espagnols qui supportent mieux le transport que les vins « clairets » de bordeaux.

 


    

Les Espagnols bons commerçants en profitent suite à une erreur d’utilisation pour mettre en évidence les propriétés des barriques ayant contenu le Xeres. Les Écossais, économes comme on le sait, décident donc de recycler ces barriques hispaniques.Ils feront désormais vieillir leurs whisky dans ces fûts culottés au Xeres. Aujourd’hui encore, certaines distilleries écossaises utilisent les barriques de Xeres.

 

Pas cons les Espagnols !! Ainsi les barriques ne revenaient pas à vide par bateau. On est très loin de la rencontre de nos deux esthètes Manuel Gonzalez et Robert Byass vouant leur art au vin. 

 



    

La riposte des Français viendra par la qualité de leurs vins au début du XVIII et l’amélioration des clairets de Bordeaux qui évolueront pour devenir des vins fins. La France reprendra petit à petit la place de leader en Europe.

 

Voilà une fois de plus l’histoire dépend plus des intérêts guerriers et économiques que d’une belle histoire entre nos deux esthètes Manuel et Robert. Quant aux anglais du XVII qui ont été ravis par le vin de Xeres (Sherry).En réalité ils n’avaient pas le choix sur les linéaires des supermarchés de Londres, car il n’y avait plus de vins de Bordeaux, encore moins de vins Italiens ou Californiens.

 



    

Ah , Mais !!

 

Cette mise au point étant faite … Passons à celle du photographe !

 

 

Dim 7 déc 2008 1 commentaire
deux ans ??? tu fais beaucoup plus.
rousseau - le 14/12/2008 à 19h56